Un Notion aesthetic tient à trois choses : une palette limitée, une grille régulière et du vide. La méthode, et l'erreur qui rend ces espaces inutilisables.
Un espace Notion qui donne envie de l'ouvrir ne tient pas à la quantité d'éléments qu'on y a mis, mais à leur régularité. Trois règles suffisent : une palette limitée, une grille constante, et du vide assumé. Le reste est du remplissage.
Notion propose une dizaine de couleurs de texte et autant de fonds. La tentation est de toutes les utiliser, et c'est exactement ce qui rend un espace fatigant.
Choisissez trois couleurs et donnez à chacune un rôle :
Une couleur qui veut dire quelque chose se remarque. Dix couleurs qui ne veulent rien dire deviennent du bruit, et l'œil apprend à les ignorer en une semaine.
La régularité fait plus pour l'impression de soin que n'importe quelle image.
Décidez une fois pour toutes : combien de colonnes sur une page d'accueil, où se place le titre, où se placent les liens de navigation. Puis appliquez la même structure à toutes les pages de même niveau.
Deux colonnes fonctionnent partout. Trois passent sur grand écran. Quatre deviennent illisibles, et sur téléphone tout se remet en pile de toute façon : testez vos pages de colonnes sur mobile avant de les partager, c'est là que la moitié des mises en page s'effondrent.
C'est la règle la plus difficile à tenir. Une page où il reste de la place paraît inachevée pendant qu'on la construit, et reposée quand on l'utilise.
Les espaces Notion qui circulent sur les réseaux sont souvent des captures d'écran, pas des espaces de travail. Ils sont photographiés le jour de leur création. On ne voit jamais à quoi ils ressemblent trois mois plus tard, avec deux cents tâches dedans.
Construisez pour le troisième mois, pas pour la capture.
Les icônes de page. Elles apparaissent dans la barre latérale, dans la recherche et dans les liens. Une barre latérale d'icônes se parcourt d'un regard. Gardez une logique : une icône par type de page, pas une par envie.
Les couvertures, avec parcimonie. Sur les pages de premier niveau uniquement. Sur chaque sous-page, elles coûtent trois centimètres de haut d'écran à chaque ouverture.
La police serif sur les pages de lecture longue. Elle change vraiment le confort, et c'est un réglage par page, dans le menu en haut à droite.
Les vues galerie pour tout ce qui a une image : contenus, références, projets. Une liste devient quelque chose qu'on parcourt.
Deux ou trois widgets, pas plus. Une horloge, une barre de progression du jour, éventuellement la météo. Ils donnent l'impression d'un espace vivant sans rien coûter en lisibilité.
Un point technique qui gâche beaucoup d'espaces soignés : Notion ne transmet pas son thème aux contenus intégrés.
Un widget clair posé dans un Notion sombre fera une tache blanche au milieu de la page, et c'est la première chose que l'œil voit. Vérifiez que le widget que vous choisissez propose un réglage de thème, ou au minimum qu'il suit celui de votre appareil.
Deuxième point : il n'y a pas de barre de défilement dans un bloc d'intégration. Ce qui dépasse est coupé net, sans indication. Un widget trop à l'étroit ne paraît pas tronqué, il paraît mal fait.
Construire la mise en page avant de savoir ce que la page doit dire.
On passe un dimanche à poser des colonnes, des icônes et des widgets, et le lundi on découvre que la page ne répond à aucune question qu'on se pose vraiment. Elle est belle et on ne l'ouvre pas.
L'ordre qui marche est l'inverse : écrivez d'abord la question à laquelle la page répond, posez les deux ou trois blocs qui y répondent, utilisez la page une semaine, et seulement ensuite soignez la mise en page. Vous saurez alors ce qui mérite d'être mis en avant, parce que vous l'aurez cherché du regard cinq fois par jour.
Un espace beau et vide se refait tous les six mois. Un espace utile s'embellit tout seul, parce qu'on prend soin de ce qui sert.
Pas nativement. Des extensions de navigateur le permettent, mais elles ne s'appliquent qu'à votre machine et pas à l'application mobile : les personnes à qui vous partagez la page ne verront pas ce que vous voyez.
Dans le menu en haut à droite de chaque page. Trois polices sont proposées, et le choix s'applique page par page, pas à l'espace entier.
Notion embarque une bibliothèque d'icônes dont la couleur se règle, ce qui donne un résultat plus homogène qu'un mélange d'emojis. Les emojis restent plus lisibles en petite taille dans la barre latérale.
Chacun est une page web chargée en plus. Deux ou trois passent inaperçus, une dizaine se sentent au chargement.
Les widgets Notion gratuits · 10 façons de personnaliser Notion